samedi 16 juin 2012
jeudi 14 juin 2012
l'esprit du dedans
« Tant que tu es vivant, il n’est qu’une seule que tu ne peux oublier. Peu importe le chaos du monde qui t'entoure si tu ne l’oublies pas, cette petite chose. Si tu accomplis tout, que tu n’oublies rien sauf cette toute petite chose, tu n’as rien accompli. »
Djalâl-ud-Dîn Rûmî, L’Esprit du Dedans
mardi 12 juin 2012
lundi 11 juin 2012
recycler (tout)
on avait trouvé, juste après un vide grenier, sur le boulevard de ménilmontant, au pied d'un acacia, sous la pluie, un truc dont personne n'avait voulu et qui traînait, juste à côté d'une crotte de chien, une image moyennement aimable, un sujet grave faussement enfantin, pas évident, compliqué
derrière, une main avait écrit ça
l'allemagne de l'ouest, ça nous semblait lointain
dans la resserre où l'on stocke les purins, les tuyaux d'arrosage et la tronçonneuse, juste à côté d'un vieux piège à taupes, c'est du meilleur effet
dimanche 10 juin 2012
le tapis de la prière
quam ergo miser eram et quomodo egisti ut sentirem miseriam meam die illo quo cum pararem recitare imperatori laudes quibus plura mentirer et mentienti faueretur ab scientibus easque curas anhelaret cor meum et cogitationum tabificarum fabribus aesruaret transiens per quendam uicum mediolanensem animaduerti pauperem mendicum iam credo saturnum iocantem atque laetantem et ingemui et locutus sum cum amicis qui mecum erant multos dolores insaniarum nostrarum quia omnibus talibus conatibus nostris qualibus tunc laborabam sub stimulis cupiditatum trahens infelicitatis meae sarcinam et trahendo exaggerans nihil uellemus aliqud nisi ad securam laetitiam peruenire quo nos mendicus ille iam praecessisset numquam illuc fortasse uenturos
s.avreli augustini confessionum liber sextus
samedi 9 juin 2012
vendredi 8 juin 2012
le petit être
les deux inconscients qui, non contents de l'avoir débusqué avec leur quad pétaradant, se sont fébrilement jetés dessus pour le prendre dans leur bras et faire vite-vite une photo souvenir avant de repartir vroum-vroum en l'abandonnant là où il l'avaient trouvé, au milieu des hautes herbes,
ne savaient pas qu'une fois touché, l'animal était foutu : rejeté par sa mère qui flairerait une odeur de mammifère étranger sur lui, l'animal était condamné ;
ses cris stridents de plus en plus espacés, désespéré, le ricanement des corneilles au dessus de lui : nous sommes courus le sauver ;
si faible qu'il ne pouvait pas même se débattre ; déshydraté, affamé, pantelant, si sensible qu'il a fallu devant lui chuchoter, le rassurer
il était si reconnaissant qu'il s'est mis à vouloir nous téter
mercredi 6 juin 2012
la cendre
bien tamisée, en poudre fine, permet de faire disparaître jusqu'aux odeurs les plus tenaces comme l'urine des chats, absorbe jusqu'au miel collant quand le pot est tombé par terre et que les fourmis menacent d'envahir la cuisine
lundi 4 juin 2012
dimanche 3 juin 2012
lundi 28 mai 2012
samedi 26 mai 2012
jeudi 24 mai 2012
le faon
toujours en alerte
l'inquiétude a taillé ses oreilles
en pointe la fraîcheur des sous bois a laissé sur sa robe
des taches de lumière
débusqué par un quad en plein midi
il a voulu se sauver mais ses pattes trop frêles n'ont pu le soutenir
assommé par le soleil pris dans le piège des hautes herbes
il a suffi que la main d'un seul homme
pose sur lui son ombre pour que celle qui l'a mis au monde l'abandonne à jamais
l'inquiétude a taillé ses oreilles
en pointe la fraîcheur des sous bois a laissé sur sa robe
des taches de lumière
débusqué par un quad en plein midi
il a voulu se sauver mais ses pattes trop frêles n'ont pu le soutenir
assommé par le soleil pris dans le piège des hautes herbes
il a suffi que la main d'un seul homme
pose sur lui son ombre pour que celle qui l'a mis au monde l'abandonne à jamais
dimanche 20 mai 2012
samedi 19 mai 2012
lundi 14 mai 2012
vendredi 11 mai 2012
jeudi 10 mai 2012
lundi 7 mai 2012
mercredi 2 mai 2012
lundi 30 avril 2012
dimanche 15 avril 2012
mardi 10 avril 2012
lundi 9 avril 2012
vendredi 6 avril 2012
mercredi 4 avril 2012
dimanche 1 avril 2012
lundi 19 mars 2012
les greffes
il lui arrive de sortir malgré le crachin. Après quelques enjambées, il s’immobilise devant un arbre, s’accroupit devant une plante dont j’ignore le nom, il ne bouge plus : il observe. Au beau milieu du champ, il peut rester des heures sans rien dire. Quoi ? Je n’en sais rien. Il écoute comme d’autres de la musique la nature. Pas un obstacle ne se dresse sur son chemin qu’il ne serait en mesure de franchir ; de son regard, il embrasse tout ce qui s’offre à ses yeux. Combien de fois, en l’observant, ne me suis-je dit que c’est l’essentiel qui nous manque ?
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