samedi 29 mai 2010

escargot


ta lenteur m'obsède

samedi 22 mai 2010

aube épine



"L'aubépine en fleur fut mon premier alphabet"

mardi 18 mai 2010

poursuite des travaux : création de l'étage





dehors le vent souffle dans les arbres
dans notre intérieur de fortune
le marteau fait voler la pierre en éclats
des fenêtres se dessinent et ouvrent
des portes sur le toit

dimanche 16 mai 2010

murs vivants et meurtrières


du sourd et du mal voyant
nous échangeons les rôles
l’un pousse, l’autre hisse
nos forces s’équilibrent
les travaux continuent

jeudi 13 mai 2010

la couverture définitivement tirée

les maîtres charpentiers, Jacques, Michel et leurs chers mignons ou compagnons (dans leur sarthois rabelaisien), malgré la boue abominable de décembre/janvier, malgré l'extrême rigueur de février, ses mordants flocons et ses arbres tombés au beau milieu du chemin, en achevant la semaine dernière la gerbière/pigeonnier du versant sud-est de la grange, ont mis un terme à six mois de travaux







mercredi 12 mai 2010

vendredi 9 avril 2010

la tourte aux orties

au milieu de l'herbe grasse
une paire de gants

la cueillette

ls sommités

6 œufs, un petit pot de crème fraîche, un morceau de Comté, du sel et du poivre,




une brisée attend


comme des épinards



et un petit morceau de Comté finement râpé

3 minutes dans une eau bien bouillante et bien salée
recouvertes de la préparation





190°C, ça dore !
manger chaude




goût fort, vert, presque métallique

mercredi 7 avril 2010

petit matin de beurre frais


ce serait comme juste après la tempête
au petit matin
sur le pain grillé
une épaisse couche de beurre
un petit matin fait de chicorée
un frisson balaierait la plaine de son soleil
en y trempant sa tartine on trouverait
un bol d'air frais

mardi 6 avril 2010

couverture éclair



Il ne faudra plus que quelques jours aux ouvriers pour qu'ils achèvent de courvir le pan est de la grange.

jeudi 1 avril 2010

soin de printemps






avril, de tous les mois, tu es le plus cruel,
à faire jaillir tes lilas de la terre morte,
à mélanger mémoire et désir,
à taquiner les racines moribondes de tes pluies printanières.
l'hiver nous tenait bien au chaud,
à étendre sa couverture de neige et d'oubli sur la terre,
à distiller un goutte à goutte bienfaisant aux tubercules.
[…]

quelles sont ces branches qui s'étirent et ces racines qui s'agrippent
à ces débris rocailleux ?
fils de l'homme,
tu ne peux pas le dire,
ni même le deviner :
ta connaissance se limite à un tas d'images brisées
sur lesquelles le soleil tape.
l'arbre mort n'apporte pas le moindre réconfort,
la cigale pas le moindre apaisement,
et la pierre sèche pas le moindre bruit d'eau.
ton seul point d'ombre
tu le trouveras sous ce rocher rouge
(viens t'abriter à l'ombre de ce rocher rouge)
je te montrerai là quelque chose qui n'a à voir
ni avec l'ombre qui te suit le matin
ni avec l'ombre qui se lève davant toi le soir ;
je te ferai découvrir l'effroi dans une poignée de poussière.
[…]

d'après T.S. Eliot, The Waste Land, I. The Burial Of The Dead