mardi 9 mars 2010

complètement baisés !



Complètement baisés !
C'est le cri que poussent les charpentiers en découvrant l'état des chevrons de la grange qu'il faudra intégralement changer.
Tout juste bons à faire du feu...

lundi 8 mars 2010

sagesse du jardinier


jamais il ne s'emporte, jamais il ne maugrée,
du matin au soir
inlassable le jardinier s'obstine à travailler délicatement la terre
sans jamais compter sa peine
peu importe si elle reste muette
le jardinier sait où il va
il sait que le chemin le plus droit pour assurer le lendemain
c'est le présent

jeudi 4 mars 2010

mercredi 3 mars 2010

le noyer


Loin de tous -ses racines toxiques son néfastes aux autres fruitiers,
nous avons planté le noyer dans une terre riche, onctueuse,
comme cacacotée,
tout seul, tout au fond du pré.
Régale toi petit !

lundi 1 mars 2010

ciel


Quod si quis uera uitam ratione gubernet
diuitiaegrandes homini sunt uiuere parce
aequo animo neque enim est umquam penuria parui.

Si l'on gouverne sa vie d'après la vraie raison,
la plus grande richesse humaine est une vie frugale,
une âme sereine, car de peu il n'est jamais manque.

Lucrèce, De la nature V, 117-119
trad.josé kany-turpin éditions gf-flammarion

jeudi 25 février 2010

fèves en février

Le plus difficile, c'est de se tenir chaque jour au plus simple.
Apprendre à ne pas courir derrière ses chimères, se réjouir d'un pas qui vient juste après l'autre. Peu importe si la terre colle et alourdit la semelle. Derrière cette monotone cadence, se cache le seul vrai bonheur, celui de la patience.

Le jardinier n'a pas besoin de réciter de litanies ; tracer la voie de son plantoir dans le sol nu et collant et se dire que les choses suivent leur cours. Il n'a d'autre morale que celle, imperturbable, de la patience.

mercredi 24 février 2010

premiers arbres du verger

Comment tracer des lignes sans sombrer dans le monotone ?
Il nous aura fallu des heures de cordes tendues, de plans et de calculs, braver les bourrasques de pluies pour dessiner d'invisibles diagonales qui rêvent dans le vent glacé des promenades à venir.

lundi 22 février 2010

giboulées de printemps

Pour savoir quand commence le printemps, il faut juste lever la tête et humer la lumière.

Bien avant l'aube, le merle tresse son nid solitaire dans une ivresse de musique. Son chant précède celui de dizaines d'autres qui ne tarderont pas, au petit jour, à envahir les bois.

Entre deux bourrasque de vent et de pluies, entre le dégel et les averses, le sol saturé vomit son eau partout. La mare se remplit.

Surpris, le héron s'envole, une grenouille dans le bec. La curieuse, profitant du redoux, avait sorti de l'eau sa tête la première pour humer l'air du temps.

vendredi 19 février 2010

la révélation

Ça y est : nous voilà tombés amoureux d’un chêne immense.
Les broussailles envahissantes, de jeunes chênes sauvages et un corset de noisetiers anarchiques étouffaient son tronc massif .

À la tronçonneuse ! Et soudain il suffit de lever la tête pour, dans ses bras immenses couverts de mousses tendres, s'abandonner comme sous la nef d'une cathédrale vivante.


jeudi 18 février 2010

premier pommier


und wenn morgen die Welt unterginge
ich würde heute einen Apfelbaum pflanzen

mercredi 17 février 2010

jeudi 11 février 2010

il neige à nouveau

dans les bois...


sur l'étang...


tout autour du jardin

mercredi 10 février 2010

arrivée des arbres

en attendant ni Godot, ni Jacques Martel parti au club Nautilus de Djerba, mais de pouvoir installer définitivement dans le pré verger nos arbres livrés ce matin par le pépiniériste de Courcebœufs, nous creusons une tranchée pour faire de la mise en jauge


au programme :
pommes reinette d'Armorique, reinette clochard, reinette du Mans dorées, patte de loup, châtaignier, calville blanc d'hiver, transparente de Croncel
cerises cœur de pigeon, tardive de Vignole, burlat
prunes mirabelle, reine claude dorée
noix franquette
...




etc.


mardi 9 février 2010

pose de la première lucarne






première vue de la lucarne

lucarne : petite fenêtre pratiquée dans le toit d'un bâtiment pour donner du jour à l'espace qui est sous le comble

lundi 8 février 2010

la gueule grande ouverte


"affamés nous attendons comme tout le monde le moment propice pour prendre notre pied"

jeudi 28 janvier 2010

feu


à te voir danser et détruire
grand feu inconséquent
taillé dans la colère et la joie
comment ne pas se sentir
tout comme toi
le fils du vent


mercredi 27 janvier 2010

harmonie du soir


Voici encor de l'heure qui s'argente,
mêlé au doux soir, le pur métal
et qui ajoute à la beauté lente
les lents retours d'un calme musical.

L'ancienne terre de reprend et change :
un astre pur survit à vos travaux.
Les bruits épars, quittant le jour, se rangent
et rentrent tous dans la voix des eaux.


Rainer Maria Rilke, Vergers, 24

vendredi 22 janvier 2010

la mésange charbonnière


À la faveur d'un rayon de soleil
Le chant de la mésange ouvre sur le jardin la porte du printemps


Peu importe si le vent obstiné se rit de sa cadence
Ténue, entêtée, à tue tête elle redouble.


Le feu de sa joie se faufile au milieu de la forêt
Et nous traçons sur l'horizon des lignes de fuite
Barrières de bois tressés autour du potager.

mercredi 20 janvier 2010

fenetres dormantes et porte sur le toit


La partie nord du toit à peine achevée, il faut choisir vite, vite, l'endroit où placer les lucarnes, juste avant la prochaîne bourrasque.

lundi 18 janvier 2010

l'oubli


Quand nous sommes partis juste avant la tempête (de neige), nous sommes rentrés sans regrets à l'abri en ville.
La nature s'est drapée dans un manteau de silence.
Pas de photo, l'appareil numérique n'avait lui-même plus de mémoire.
À notre retour, juste une langue de glace encore posée sur la mare pour nous rappeler que tout s'était endormi dans l'absence.

mardi 5 janvier 2010

hiver


Errichtet keinen Denkstein. Laßt die Rose
Nur jedes Jahr zu seinen Gunsten blühn.
Denn Orpheus ists. Seine Metamorphose
In dem und dem. Wir sollen uns nicht mühn

Um andre Namen. Ein für alle Male
Ists Orpheus, wenn es singt. er kommt und geht.
Ists nicht schon viel, wenn er die Rosenschale
Um ein paar Tage manchmal übersteht ?

O wie er schwinden muß, daß ihrs begrifft !
Und wenn ihm selbts auch bangte, daß er schwände.
Indem sein Wort das Hiersein übertrifft,

Ist er schon dort, wohin ihrs nicht begleitet.
Der Leier Gitter zwängt ihm nicht die Hände.
Und er gehorcht, indem er überschreitet.

Rainer Maria Rilke